Escargots tout chauds
En zazen, penser à penser du fond de la non-pensée. Noté sur mon pense-bête. Les mots décrivent les ornières où nous déambulons, tels des escargots dans le canyon laissé par un trait de pelle dans le jardin. “Quand sortirais-je de là ?” se demande l’escargot avant qu’une botte distraite mais néanmoins compassionnelle ne le réduise en miettes. Il me faudrait le regard de l’aigle, comme dans le livre d’Henri Gougaud; “Les sept plumes de l’aigle.” Comme en zazen, mon bavardage d’écriture s’épuise lentement. Il en aura fallu du temps. Sur le coussin, si on s’y tient, les pensées finissent par s‘épuiser. Elles se lassent, elle se cassent. Où sont les horizons lointains qu’on leur avait promis ? Où sont les cieux d’éternité et la compréhension de toutes choses ? Où sont la bonté et la compassion ? Il ne reste que quelques vieux pets et un dos qui fait mal, à moins que ce ne soit un genou ou le bassin. “Penser à racheter du kapok, ce zafu est trop bas.” Bip… ...

