Sesshin

Sesshin à Rians

Sesshin :  Rassembler l'esprit.

Une sesshin (接心 / 摂心 / 攝心?), littéralement « rassembler l'esprit » ou encore « recueillement (jap. setsu) du cœur-esprit (shin) »[1] est une période intensive de méditation zazen dans un monastère zen, ou dans un lieu de retraite.

source : https://www.wikiwand.com/fr/Sesshin

Ou encore, dans le glossaire de l'A.Z.I. (Association Zen Internationale) 
https://www.zen-azi.org/fr/glossaire

Sesshin : Retraite lors d’une session de pratique d’une durée de 2 à 9 jours. Oubliant toutes nos préoccupations habituelles, on plonge profondément dans la pratique. L’accent est mis sur zazen et sur toutes les actions de la vie quotidienne : zazen, cérémonie, samu, étude. On peut ainsi toucher son véritable esprit originel, nature de Bouddha partagée par toutes les existences de l’univers.


Le dojo zen d'Aix en Provence et celui d'Avignon ont organisé une sesshin à Rians au mois de Novembre. C'était au domaine de Saint Maurin : https://goo.gl/maps/U3ckjtXHwVq





Dans la salle qui servait de dojo, nous méditions sous le regard d'une vierge Marie, debout dans une alcôve du mur, tout autant que sous celui du bouddha de l'autel. Et c'est elle aussi qu'on retrouvait à l'entrée, terrassant le serpent sous son pied blanc.
Il n'y a là rien d'incompatible. Méditation, prière, silence ou chants, clochettes gongs et bois sont les échos de cette vibration de l'infini que nous sommes.
Nos kolomos noirs me rappellent toujours les aubes des prêtres de mon enfance. Je m'étais fait cette réflexion en enfilant le mien, de kolomo, un soir au dojo d'Aix en Provence. On se retrouve toujours face aux choses auxquelles on croit tourner le dos. Le dojo, ce lieu (jo) de la voie (do) est bien un temple, une église. Quatre murs où nous posons nos croyances avec notre séant.
En paraphrasant Voltaire, on ne croit jamais plus haut que son cul. 
Et c'est tant mieux. Je m'accroche à mon moi, à moins que ce ne soit lui qui me colle à la peau. Histoires d'ego, relents d'égouts. Quel dégoût, parfois. La foi passe aussi par le foie. Je me crois quelqu'un, c'est sur. Pas question de lâcher ce beau moi, si cultivé, sensible et intelligent. Et tellement en quête de la Voie, ouah, ouah. 
Moi au moins, je cherche. Bien mieux, j'entrevois, je comprend, je sens. Bien mieux que vous, mais ça ne se dit pas.
...............
Quelle paix cela doit être quand on abdique enfin. Quand le vieux mécanisme immémorial, enfoui de toute éternité dans notre viande métaphysique, se réveille. Quand nous réalisons l'acte dans lequel l'infini de nous, perdu volontairement dans le fini de nos sens, retourne à lui même et à sa nature infinie. Je s'advient. Retournement de chaussettes, fin du fini, infini du présent.
Satori. Plus de pluie puisque je suis la pluie.

Le soir on voyait Mars.

Au milieu de tout cela me sont venus deux poèmes. 

Mars orange dans le ciel noir
La vierge blanche a mis le pied sur le serpent
J'offre ma nuque de tortue 
Au vent de la nuit
Que pourrais je craindre ?

Et celui ci ; 

Le lion de pierre rugit sur la terrasse
La carpe koï vole dans le bassin
Vêtus de noir
Nous allons et venons
Présences jaillies du souffle de Ku.

On est assez loin de Bashô mais il faut bien commencer un jour.

"Ah ! tranquillité —
et jusqu'au fond des rochers
le chant des cigales"

BASHÔ (1644-1694)








   

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